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Vercingétorix : Zoom sur le chef des grands guerriers

Véritable figure de résistance et de rébellion au sein de la nation française, l’histoire de Vercingétorix est aussi intéressante que peu précise. En notre ère, il a gagné le titre de tout premier chef de la nation. Lors de la guerre franco-allemande, son mythe était un symbole d’encouragement et de réussite. Longtemps pris pour exemple, les espoirs de la France reposaient sur le passé de cet homme au goût prononcé pour la liberté et la justice.

Aussi paradoxale que cela puisse paraître, les connaissances historiques sur ce puissant personnage proviennent des écrits de son ennemi, Jules César. Son ouvrage « Commentaires sur la Guerre des Gaules » représente la source d’information la plus riche et complète en possession de l’humanité, malgré leur cruel manque de partialité. Étant en guerre contre cet homme, il est légitime de remettre en cause la véracité des propos du dirigeant de l’empire romain.

Vercingétorix représente la preuve vivante que la volonté est le moteur de tout objectif. Son envie de continuer l’œuvre d’une Gaule unie initiée par son père Celtillos le poussa à passer au-dessus de la peur, au-dessus des obstacles qui semblaient pourtant infranchissables.

Sous son commandement, des milliers de Gaulois étaient en accord avec sa manière de pensée, et pour eux aussi, la peur n’était plus un frein ! Au contraire, la peur rendait le tout réel et non éphémère, la peur était le déclencheur de leurs rêves d’une Gaule unie et en paix.

Dans une époque où la Gaule, dite « Gaule Chevelue », est divisée en une soixantaine de peuples tous en désaccord les uns avec les autres, ils furent finalement unis grâce au courage de cet homme. Ils réussirent à s’entendre et à se mettre sur le même courant de pensée, à s’entraider et à collaborer.

Bien que divisés, ces peuples celtiques avaient tous un point commun : ils refusaient de se soumettre aux Romains. En s’unifiant grâce à la montée au pouvoir de Vercingétorix, ils purent accomplir des choses qui n’auraient jamais étés envisageable auparavant !

C’est grâce à ces faits que Vercingétorix est aujourd’hui considéré comme un si grand homme. Et peu importe sa défaite, peu importe ses erreurs. Pour beaucoup, son courage, sa loyauté et son sens de la justice sont suffisants pour l’ériger au grade de héros fondateur de la nationalité française.

Qui était Vercingétorix ?

Concrètement, le physique de cet homme est inconnu. Dans ses écrits, Jules César offre la description d’un homme aux cheveux longs, hirsute et au physique peu flatteur. Pourtant, sur les pièces de monnaie gauloise, c’est la représentation d’un homme imberbe, aux traits fins et aux cheveux courts et bouclés. Les statues elles-mêmes se contredisent.

Son âge est également un mystère. L’empereur romain le décrivait comme un adolescent dans ses écrits, ce qui fait référence à un homme de moins de 30 ans. À partir de la durée de la guerre entre Rome et la Gaule, il est estimé qu’il avait 26 ans au moment de sa mort, et à peine la vingtaine lorsqu’il était chef suprême de la Gaule. Cependant, son lieu de naissance est sûr. Il vient du territoire des Avernes, et l’année se situe entre 82 et 72 avant J-C.

Même son nom, pourtant si connu, n’est peut-être même pas réellement son nom ! Des archéologues ont découvert que Vercingétorix pouvait avoir la signification de « Roi Suprême des Guerriers », soit quelque chose qui ressemble finalement bien plus à un titre qu’à un nom. Cet homme puissant et si adulé est en réalité grandement méconnu !

La jeunesse de Vercingétorix

Le père de Vercingétorix, Celtillos, était un grand chef arverne qui souhaitait rétablir la royauté à son seul profit. Il fut rapidement assassiné par son entourage à cause de ses envies déviantes.
Après son décès, son fils fut alors confié aux Romains, comme tous les aristocrates de cette époque. Il suivit donc une formation militaire au côté de l’entourage proche de Jules César. Rien n’est sûr, mais certains historiens appuient sur la supposition que Vercingétorix aurait servi d’informateur à Jules César pendant ses jeunes années. Il n’était pas rare que les aristocrates gaulois fassent des rapports sur la situation de la Gaule à l’empire romain. D’après une théorie, il aurait même été un chef allié des romains.

Ainsi, cela expliquerait le caractère fourbe et traître qu’impose Jules César à Vercingétorix dans ses écrits. Durant ses années d’apprentissage, une haine grandissante s’instaure en ce gaulois tiraillé. Son envie de renverser cet empire machiavélique et dominateur prend une place de plus en plus grande dans son esprit. C’est à cause des actes de son père et de cette jeunesse dans le camp de l’ennemi que sa soif de liberté et de justice prit racine.

La guerre des Gaules

C’est en 58 avant Jésus-Christ que Jules César part à la conquête de la Gaule. En éternel recherche de gloire, il veut soumettre les gaulois à Rome et profiter de leurs richesses.
Le père de Vercingétorix s’y oppose et réunit des peuples à sa cause, mais lorsqu’il penche trop vers la royauté, son assassinat est sa seule récompense.

Cette guerre dure six ans. Durant ces multiples années, César fait face à de nombreux soulèvements, mais accumule plus de victoires que de défaites. Cependant, en l’an -53, l’empire romain se trouve dans une situation plus délicate qu’à l’habituelle. Rome est directement attaqué, accaparant ainsi toute l’attention de Jules César et ses troupes.

Peut-être Vercingétorix juge a-t-il ce moment comme opportun pour le début de sa révolte. Après tout, quel meilleur moment pour attaquer que lorsque l’ennemi a le dos tourné ?
Certains trouvent cela lâche. Cependant, dans un combat qui semble désespéré et impossible, le simple fait de penser à agir est d’un courage inouï, peu importe les méthodes employées.

Dans une Gaule de plus en plus oppressée, il n’était pas rare qu’un peuple ait cette envie de révolte. Seulement, personne n’avait de voix pour se faire entendre, personne n’avait le courage d’être cette personne qui changerait la donne. Jusqu’à ce que Vercingétorix décide de sortir des marées, et d’agir.

Sa formation militaire au sein des romains lui a beaucoup appris. Il a pu apprendre de l’empereur lui-même, et a hérité de son talent d’orateur. À l’aide de ses discours percutants et marquants, de nombreux clans Gaulois se rallient petit à petit à sa cause. Il s’impose à la tête du parti anti-romain. Le début de son mythe commence ici.

Son oncle, Gobannitio va lui mettre des bâtons dans les roues, et aller jusqu’à le chasser de la ville de Gergovie pour son projet révolutionnaire. Loin de se laisser impressionner par cette brutalité, Vercingétorix lève à nouveau des troupes dans les campagnes, et revient quelques jours plus tard. Il mobilise le peuple et s’impose alors comme commandant suprême.

Une guerre stratégique

Contrairement à son image hirsute et barbare, Vercingétorix se trouve être un fin stratège. Il a bien conscience d’être en désavantage de nombre par rapport à l’armée romaine et ses 8 légions bien organisées. C’est pourquoi il ne compte pas aller directement au front. Il sait bien que cela serait équivalent à courir vers une mort certaine.

La politique de la terre brûlée

Il souhaite affaiblir les troupes de l’ennemi, jouer au jeu du chat et de la souris, tout en évitant les affrontements directs. De cette idée naît sa « politique de la terre brûlée ».

Les gaulois adoptent donc une véritable guérilla, et brûlent toutes les réserves de nourriture de l’armée romaine. La Gaule est le lieu où ils ont vécu toutes leurs vies. Ils la connaissent par cœur. Ils prennent donc l’avantage en utilisant à bon escient chaque ruisseau, chaque forêt, chaque vallon. Le but est de briser le moral des légions ennemis, afin de les rendre moins performants.

En vengeance, l’empire romain réalise un véritable massacre : les habitants de la ville d’Avaricum, actuellement Bourges, ont subi un siège imprenable. Au total, 40 000 morts furent comptabilisés, pour à peine 1 000 survivants. Malgré une excellente tactique, César le bat. Son art en matière de siège est infaillible, et avec sa vingtaine d’année, les talents de Vercingétorix font bien pâle figure à côté des siens.

Malgré la tragédie d’Avaricum, sa stratégie d’affaiblir les troupes romaines commencent à porter ses fruits. Les légions souffrent, les alliées de Rome commencent à changer de camp. La révolte est le nouveau mot d’ordre en Gaule, obligeant Jules César à être sur tout les fronts. Sa haine envers ce jeune Vercingétorix est accrue. Il le considère alors comme le plus grand des traîtres.

La victoire de Gergovie

Alors que l’armée de César poursuit l’homme à la tête de cette révolte et ses troupes, ils s’enferment dans Gergovie, marquant ainsi leur première victoire sur l’empire romain.

Cette victoire gauloise eut un grand impact sur les troupes romaines. Un découragement se fit ressentir. La révolte gauloise adoptait de plus en plus d’adeptes, et même des alliés romains partaient finalement rejoindre les gaulois.

Pour la première fois de l’histoire, les peuples gaulois sont unifiés. La conquête de la Gaule devient une tâche bien plus compliquée que ce qu’imaginait Jules César.
Cependant, ce n’est pas pour autant qu’il allait laisser son honneur être bafoué de la sorte.

La bataille d’Alésia

Bien que tristement célèbre, la bataille d’Alésia reste d’une envergure et d’une ingénierie assez impressionnante. Un véritable génie de guerre se dévoile dans cette dernière bataille, et malgré sa fin tragique, elle n’en reste pas moins impressionnante.

C’est donc à Alésia que Vercingétorix établit son quartier général, et ce n’est pas moins de 80 000 hommes qu’il y réunit. Il a également levé une armée de secours de plus de 250 000 hommes dispersés dans toute la Gaule.

Pourtant bien préparé à la guerre, l’art du siège de Jules César prit le commandant gaulois à son propre piège. Malgré que cette fois, l’armée romaine soit en infériorité de nombres avec ses 50 000 soldats, leur logistique leur offrit l’avantage.

En position de siège autour d’Alésia, les dix légions romaines bâtirent une énorme double fortification. Ainsi, ils purent aisément se protéger des attaques ennemies de l’armée de secours gauloise, et empêcher les assiégés de sortir pour se ravitailler.

Le siège dura cinq longues semaines. L’armée de secours ne réussit jamais à briser les fortifications romaines. La demande de revendication des gaulois était possible, à la condition que les armes et les chefs leurs soient livrés. Le peuple gaulois emprisonné dans ses propres murs commençait à mourir de faim. La situation paraissait impossible à résoudre.

Au bout d’une quarantaine de jours de siège, Vercingétorix se rend pour sauver ses hommes de la famine. Malgré ses écrasantes victoires des mois précédents, l’art de prédilection de Jules César l’emporta sur ses stratégies sans qu’il ne puisse rien faire. Le mythe dit qu’il offre sa vie en échange de celles de ses hommes.  Les Gaulois désarmés et affamés sortent de la citadelle et sont placés en captivité.

De nombreux écrits relatent cette scène d’une manière toujours plus différente. Dans certains, Vercingétorix implore le pardon de César ; dans d’autres, il se laisse tomber à genoux à terre, la tête basse et sans un mot. Vercingétorix est maintenu prisonnier dans des geôles italiennes. Le reste de l’alliance gauloise se fait cruellement amputer les mains avant d’être relâchée.

La mort de Vercingétorix

Jules César est un homme avare et impitoyable, en constante quête de gloire et de conquête. L’affront subi par Vercingétorix a mis un coup sur son honneur. C’est pourquoi après sa capture, il l’exhibe fièrement lors de fêtes grandioses et sublimes. Il passe ensuite les 6 prochaines années en captivité, avant de finalement être exécuté par étranglement sur ordre de l’empereur romain.

S’il y a un enseignement à tirer de l’histoire de la conquête de la Gaule et de la révolution d’un peuple, c’est de ne pas confondre mythe et réalité. Bien que le travail archéologique des historiens soit incroyable, beaucoup de détails restent manquant ou peu précis. Il est important de savoir faire la distinction, et de ne pas croire à n’importe quelle fantaisie mythologique !

Vercingétorix joua un rôle important pour la nation française. Ses actes et sa bravoure marquent encore l’ère moderne. Ce n’est pas son destin tragique qu’il faut retenir, mais ses actions !